Le territoire

La région des Laurentides est sise au nord-ouest de Montréal et plus précisément de l'Île de Laval. Elle est bordée par la rivière des Mille-Îles au sud et par le début de la forêt boréale au nord, c'est-à-dire par la Haute-Mauricie. À l'ouest, les Laurentides sont bordées par la région de l'Outaouais et à l'est par celle de Lanaudière. Les Laurentides appartiennent à la fois à la plaine de Montréal et au treillis de lacs et de montagnes qui marquent le début du Bouclier canadien dans le sud-ouest du Québec, double appartenance consacrée depuis longtemps par les expressions de Basses et Hautes Laurentides.

Cette double appartenance physique se traduit par un développement socioéconomique polarisé entre une sous-région liée à la zone montréalaise de développement, aussi bien comme banlieue que comme région rurale, touristique et manufacturière, et une sous-région principalement agroforestière et éloignée jusqu'à plus de 300 kilomètres de la métropole.

La région des Laurentides est drainée au sud par les rivières Outaouais et des Mille-Îles et dans une direction générale nord-sud par les rivières du Nord, de la Rouge et de la Lièvre.

La Route117, une voie provinciale traversant la région dans toute sa longueur, constitue la colonne vertébrale de la région et la voie de pénétration vers l'Abitibi et le nord de la province. Depuis la fermeture des chemins de fer, elle est la principale voie de circulation qui permet le transport des matières premières vers le sud et des marchandises vers le nord, de même que la circulation des populations. Au sud de la région, ce sont les autoroutes 13 et 15, parallèles à la Route 117 et l'autoroute 640, qui constituent les principales voies de circulation .

Les Laurentides s'étendent sur plus de 21 576 kilomètres carrés dont 10 574 kilomètres carrés de territoires municipalisés. Suite à quelques épisode de réorganisation municipale, la région comprend maintenant 76 municipalités et la ville de Saint-Jérôme en constitue le centre administratif régional. Ces municipalités sont regroupées au sein de huit municipalités régionales de comté (MRC), soit Thérèse-de Blainville, Deux-Montagnes, Rivière-du-Nord, Antoine-Labelle, Laurentides, Argenteuil, Pays-d'en-Haut et Mirabel. Les MRC Thérèse-de Blainville, Deux-Montagnes et Mirabel font également partie de la communauté métropolitaine de Montréal (CMM) depuis sa constitution en juin 2000.

 

La démographie

En 2010, la population des Laurentides s'élève à plus de 550 000 personnes. Les Laurentides viennent au quatrième rang des régions du Québec après Montréal, la Montérégie, la Capitale-Nationale, pour ce qui est du nombre d'habitants. La densité de la population décroît du sud au nord, passant de 730 habitants par km2 dans la MRC de Thérèse-de-Blainville à 3 habitants par km2 dans la MRC d'Antoine-Labelle, alors que la moyenne régionale est de 27 habitants par km2 . À titre de comparaison, notons que la densité de la population de la région de Montréal est de 3900 habitants par km2 et que celle de l'ensemble du Québec est de 15 habitants par km2 .

Entre 1992 et 2001, la population des Laurentides s'est accrue de 21,1 % comparativement à 4,4 % pour l'ensemble du Québec.  Par la suite, entre 2001 et 2011, l'accroissement de la population des Laurentides s'est accrue d'un autre 17% tandis que la population du Québec a augmenté de seulement 7,4%.  Ces augmentations régionales sont spécifique aux Laurentides et représente des facteurs particulièrement significatifs en ce qui concerne les besoins en service de santé. 

L'Économie et l'emploi

La région des Laurentides se caractérise par une structure équilibrée des grands secteurs d'activités économiques.  Le secteur primaire se compose principalement d'une agriculture en bonne santé au sud dans la plaine du Saint-Laurent et de foresteries réparties sur l'ensemble du territoire mais omniprésente au nord, dans la zone de Mont-Laurier. L'industrie manufacturière est en croissance et génère 24 000 emplois directs, soit 4,6 % des emplois manufacturiers de l'ensemble du Québec. De plus, elle est très diversifiée : matériel de transport, dérivés de la forêt, aliments et boissons, produits chimiques, etc.

Le domaine tertiaire tire bien son épingle du jeu en raison du développement des activités récréotouristiques de la partie centrale de la région. Diverses manifestations culturelles profitent de ce contexte et créent un effet polarisant. De même, l'environnement agréable attire de plus en plus de personnes retraitées qui s'établissent souvent dans la région en convertissant leur résidence secondaire en résidence permanente.

Bien que diversifiée, la structure manufacturière régionale se caractérise par une prépondérance de l'industrie de matériel de transport. Cette vocation se confirme par la présence de Bell Hélicoptère, par la transformation de l'usine de camions Paccar, par l'expansion de Novabus et par la croissance de Bombardier (avionnerie) et de Messier-Dowty (trains d'atterrissage). Il va de soi que tout ce secteur manufacturier se consacre à l'exportation.

Depuis le début des années 90, la zone de la municipalité de Mont-Tremblant fait preuve d'un dynamisme sans précédent avec le développement de la station touristique Mont-Tremblant. Toutefois, les Laurentides occupent depuis longtemps le premier rang au chapitre du tourisme d'agrément. En effet, elles sont la première zone de destination de villégiature du Québec et comptent un important parc d'hébergement. Les Laurentides bénéficient de la plus grande concentration de centres de ski alpin en Amérique du Nord et sont également la destination par excellence pour la motoneige au Québec. Ainsi, ce n'est pas seulement la vallée de Saint-Sauveur qui constitue une zone de tourisme et de récréation mais bien l'ensemble de la région des Laurentides. Dans les Hautes-Laurentides, à la frontière de l'Outaouais, la vaste nappe du réservoir Baskatong présente un potentiel majeur dont l'attraction, à moyen terme, ira en augmentant.

L' agriculture régionale est diversifiée puisqu'en 1998 la production laitière, l'horticulture et les autres activités représentaient chacune le tiers des revenus agricoles bruts. Les MRC comptant des milieux plutôt agroforestiers présentent un grand potentiel acéricole susceptible d'être mis en valeur. Ce dynamisme agricole est en bonne partie attribuable à la proximité des marchés urbains ainsi qu'au développement de l'agrotourisme qui favorise les productions végétales. Cependant, la proximité de Montréal, tout en étant un avantage, suscite des problèmes aigus de cohabitation qui proviennent de la dispersion entre les usages résidentiels, commerciaux et industriels en milieu rural.

La forêt couvre 84 % du territoire régional et le secteur forestier constitue un foyer de développement majeur. En effet, la foresterie qui comprend la coupe de bois, les transformations de la matière ligneuse et les services connexes, talonne l'industrie du matériel de transport à l'égard de l'emploi et de la production. La disponibilité de volumes importants de feuillus de qualité présente également une possibilité de développement propre à la région.

La croissance démographique rapide et soutenue des Basses-Laurentides a entraîné une évolution parallèle du secteur commercial et des services personnels. Ceci est principalement causé par la formation de nouveaux ménages qui disposent de revenus plus élevés par rapport à la moyenne nationale. Ce phénomène a diminué l'attraction commerciale exercée par Montréal et Laval. Un peu plus au nord, l'agglomération jérômienne a connu, elle aussi, une transformation sensible de son tissu urbain depuis une quinzaine d'années. En effet, ses « banlieues » se sont développées, sa structure manufacturière s'est transformée et la ville a étendu ses services. Finalement, notons que la population totale de l'agglomération de Saint-Jérôme est passée de 42 800 en 1981 à 55 600 en 1996.

 

Source:

Portail gouvernemental / Région des Laurentides (texte adapté)
http://www.laurentides.gouv.qc.ca/portrait_regional/index.htm